Géopolitique

Article publié par Huffington Post Québec le 16 août 2017

eux sujets semblent dominer les conversations touchant à l'international en ce mois d'août à Washington : bien entendu, le dossier nord-coréen ; et le problème afghan. D'abord parce que le président Trump montre ouvertement son agacement et ses doutes face à cette guerre sans fin ; mais aussi parce qu'une proposition considérée comme scandaleuse a trouvé des appuis à la Maison-Blanche : arrêter d'envoyer des troupes américaines supplémentaires en Afghanistan, chercher à réduire les dépenses que les États-Unis semblent condamner à faire pour une cause qui ne génère plus vraiment l'enthousiasme... et obtenir tout cela grâce à l'emploi de mercenaires. Le beau-fils du président Trump, Jared Kushner, et son fameux conseiller de l'ombre, Steve Bannon, soutiennent ce tournant radical dans la stratégie américaine. Et celui qui est le visage public de cette idée, qui l'a défendu dans les médias américains et face aux représentants des pouvoirs politique et militaire, n'est autre que... Erik D. Prince, le sulfureux fondateur de Blackwater. Son plan ne coûterait « que » 10 milliards de dollars par an (en théorie), soit moins d'un quart des dépenses américaines actuelles... Il permettrait également de réduire la présence militaire américaine à 2000 hommes seulement d'ici moins de deux ans. Bien des arguments ont été mis en avant, par des journalistes et universitaires américains, pour critiquer cette proposition. Certains problèmes, légaux, politiques, sont réels. Pourtant, le plan proposé n'est pas forcément totalement mauvais. Il pourrait même être utile, s'il était quelque peu repensé.

 

L'emploi de mercenaires : avantages...

Il faut s'émanciper de la caricature du mercenaire que beaucoup ont en tête en Occident. Le temps n'est plus aux chiens de guerre peu recommandables : de véritables « entrepreneurs » de la guerre existent aujourd'hui, qui font leurs preuves sur le terrain, et sont à la tête d'entreprises florissantes en conséquence. Ils sont capables d'employer des combattants expérimentés, qualifiés pour le projet d'E.D. Prince (intégrer 5500 hommes dans les 91 bataillons afghans, pour les encadrer et les conseiller). Les mercenaires seront recrutés au mérite : ils ne seront donc pas forcément tous Américains. Prince a évoqué des recrues pouvant venir de France, d'Australie, d'Allemagne, de Grande-Bretagne... On parle donc d'un encadrement plus important que ce qui pourrait être fourni par une armée régulière, et plus qualifié grâce à son recrutement international. Point important : les soldats ne feraient pas le travail de contre-terrorisme, qui resterait la priorité des 2000 Américains qui se consacrent déjà à cette lutte en Afghanistan.

 
Cette force aérienne privée ferait le travail nécessaire le temps que l'aviation afghane devienne opérationnelle.

La proposition de M. Prince offre aussi des moyens aériens qui font cruellement défaut, en ce moment, à Kaboul. Elle évoque une aviation privée, composée entre autres d'hélicoptères d'attaque et de drones, capables de soutenir les troupes au sol et de collecter de l'information. Cette force aérienne privée ferait le travail nécessaire le temps que l'aviation afghane devienne opérationnelle.

...et limites

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