Géopolitique

Article publié par les Echos

On parle souvent de la stratégie russe comme de celle du joueur d’échec. La stratégie du Kremlin s’appuyant traditionnellement sur des scénarios multiples, permettant de s’adapter aux évolutions en respectant leurs visées plus globales. Cependant, doit-on se contenter de cette perception de l’action russe: agit-elle toujours sans laisser aucune place à l’improvisation ? Cela semble un peu réducteur.

Rappelons le symbole russe de l’aigle bicéphale regardant dans deux directions opposées simultanément. Cela devrait attirer l’attention sur une perception de l’espace, de l’action et du monde non pas à un seul niveau, mais à plusieurs, simultanément. Si la stratégie du joueur d’échecs est communément acceptée, que penser de celle du joueur de poker?

Si la Russie a récemment mené nombre d’actions dans le monde géopolitique, avec mouvements de troupes et déplacement de matériels, elle ne s’interdit pas d’intervenir dans le monde qualifiable de « spatiopolitique » : moins tangible, fait de connexions internet, de mouvements bancaires réalisés en un clic ou de piratages, des actions ne nécessitant pas (ou peu) d’intervention humaine tel l’envoi d’hommes sur un théâtre, et n’obligent pas à investir le monde géopolitique.

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