Géopolitique

Didier Chaudet, pour le Huffington Post, 23 mai 2017

Chroniques d'Asie du Sud-Ouest (50)

Le peuple iranien a parlé: il a décidé de donner une victoire claire, dès le premier tour, au président modéré Hassan Rohani, ainsi reconduit dans ses fonctions. C'est la confirmation de la victoire du centrisme dans la politique intérieure iranienne.

A vrai dire, ce résultat n'est pas une surprise quand on a suivi la campagne, et plus largement la vie politique iranienne. En réaction au règne du populiste Ahmadinejad, une véritable force centriste s'est constituée en Iran. Elle explique la première victoire de Rohani à la présidence de la République en juin 2013, puis celle de son camp lors des législatives du 29 avril 2016. 

Un camp autrement plus complexe que le manichéisme de certains analystes occidentaux pourrait le laisser croire: il associe réformistes et modérés, y compris des politiciens auparavant plutôt proches de la droite iranienne. 

Des conservateurs pragmatiques qui sont devenus plus centristes pour plusieurs raisons: pour un certain nombre, c'est l'accord sur le nucléaire avec les Américains, et la possibilité d'échapper enfin à des sanctions étranglant leur peuple qui les a amenés à quitter la droite iranienne; pour d'autres, ce serait plutôt de simples questions électoralistes, ou au moins de politique intérieure: tous les conservateurs ne sont pas dupes du décalage de plus en plus grand entre les élites et le peuple. Rester au pouvoir, préserver le régime, demande d'écouter ce peuple. Car dans un pays jeune de 80 millions d'habitants, rester sourd aux attentes du peuple n'est pas une option.

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