Géopolitique

Article publié par Didier Chaudet sur le blog Géopolitique sur la Route de la Soie, hébergé par le journal Réforme

17 mars 2017

Un désir de modération devrait tempérer les discours électoraux des candidats iraniens.

Une nouvelle élection présidentielle se profile, cette fois, en Iran. Bien sûr, le système iranien limite les pouvoirs du président, notamment face au Guide de la Révolution, aujourd’hui Ali Khamenei. Malgré tout, l’homme qui sortira victorieux de cette élection à deux tours (19 puis 26 mai) aura une influence non négligeable sur l’évolution d’un État clé pour la stabilité du Moyen-Orient (sur les tensions en Syrie, au Yémen, sur l’évolution du dossier nucléaire…).

Il y a bien des raisons d’être optimiste dans le cadre de cette élection présidentielle, quand on la regarde d’Europe :

– le régime iranien a bloqué la candidature de Mahmoud Ahmadinejad. Ce dernier s’était aliéné, quand il était président, les conservateurs traditionnels en entrant dans une lutte de pouvoir avec le Guide de la Révolution Khamenei. Prévenir un grand retour politique à ce personnage évite sans doute des tensions en interne pour l’Iran, et rassure bien des acteurs politiques internationaux, qui ont peu apprécié ses discours extrêmes. Téhéran montre par ce symbole qu’une certaine modération doit se retrouver à la présidence fin mai ;

– ce désir de modération et de pragmatisme est confirmé par le fait que les trois principaux candidats (le président sortant Rohani et deux conservateurs, Mohammad Baqer Qalibaf et Ebrahim Raisi) acceptent l’accord sur le nucléaire iranien. Ils peuvent en critiquer certains détails, mais la logique de l’accord est acceptée, ce qui est l’essentiel ;

– les rares sondages cités à l’international mettent le président Rohani en tête : un homme qui veut ouvrir son pays au monde, et qui a rendu l’accord sur le nucléaire iranien possible. On ne peut qu’espérer qu’un président Macron, associé au reste de l’Europe, saura dialoguer avec un Iran qui veut clairement être intégré à la communauté internationale. Ce qui devrait vouloir dire tenir tête à l’administration Trump… En effet, cette dernière s’est positionnée, ces derniers mois, comme ouvertement anti-iranienne et prosaoudienne. Un choix dangereux pour la stabilité d’une région si importante pour le monde, et si proche de nous.