Géopolitique

Chroniques d'Asie du Sud-Ouest (40)

Il semblerait que les Américains soient condamnés à un duel Trump/Clinton, malgré l'impact de Bernie Sanders. Donc l'une de ces deux personnes pourrait bien définir la diplomatie internationale des prochaines années. Barack Obama leur laisse un héritage contrasté, en politique étrangère en général, et sur le dossier "AfPak" (Afghanistan-Pakistan) en particulier. 

Rappel : l'héritage diplomatique d'Obama

Il a été, à bien des égards, un diplomate réaliste réparant les erreurs les plus énormes de W. Bush, tout en suivant une politique classique pour l'Amérique post-Guerre froide. C'est à dire un pays qui vise d'abord et avant tout à garder sa place de n°1 à l'international. Il a mené, parfois, une politique de bon sens (face à Cuba, à l'Iran), mais a fait aussi des choix contestables que n'auraient pas reniés les présidents précédents (sur la Syrie et la Libye, par exemple). Plus fondamentalement, il n'a pas pu, peut-être pas voulu, changer une diplomatie américaine structurellement tournée vers le hard power. Dans un pays où le ministère de la Défense dépense 600 milliards de dollars par an, alors que le budget du Département d'Etat n'est que de 50 milliards, on comprend que même un président Sanders ne serait pas libre d'opérer un changement radical.

En "AfPak" en particulier, les résultats d'Obama sont en demi-teinte, c'est le moins qu'on puisse dire. Il n'a pas réussi à sauver la "bonne guerre" post-2001, alors qu'il en avait fait son cheval de bataille lors de sa première campagne présidentielle. Les Taliban n'ont pas été vaincus. Et ils peuvent aujourd'hui frapper jusqu'au cœur du pouvoir, à Kaboul, en toute impunité. Mais il a évité la guerre civile entre partisans d'Achraf Ghani et d'Abdullah Abdullah lors d'élections présidentielles contestées ; et il n'a pas abandonné le pays, malgré le peu d'intérêt qu'il provoque chez les Américains en général. Il a soutenu, avec raison, l'action diplomatique sino-pakistanaise pour lancer un processus de paix en Afghanistan. Mais lors de son dernier discours sur l'état de l'Union, il s'est montré ouvertement pessimiste, disant que Kaboul comme Islamabad connaîtrait l'instabilité dans les décennies à venir. Admission d'un échec dans cette région du monde, et héritage difficile pour le prochain président. Avant d'analyser, dans la prochaine Chronique d'Asie du Sud-Ouest, la politique, en AfPak, d'une éventuelle présidente Clinton, penchons sur ce que ferait le futur président Trump.

On pourrait penser que Donald Trump est entouré des meilleurs spécialistes de l'Asie du Sud, quand on suit sa campagne de loin. En effet, après les terribles attentats de Lahore, il n'y a eu que ce candidat pour affirmer que "lui seul" pourrait régler le problème du terrorisme au Pakistan. Donc, en fait, sur l'ensemble de l'AfPak, car comme expliqué plusieurs fois dans de précédentes Chroniques, et comme le savent les analystes ayant fait quelques déplacements sur place, les évolutions sécuritaires dans les deux pays sont liées, pour le meilleur, et surtout pour le pire...

Président Trump : une vision confuse de l'Afghanistan et du Pakistan

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