Géopolitique

Summary in English : Paris has shown its support to the Belgian victims of jihadism by illuminating the Eiffel Tower. It was natural : Belgium is a friend, an ally, a European brother. But we should also show the world that we respect and care for all our closest allies fighting the same terrorism, the same ideological enemy. Unfortunately, Paris' mayor did not see the importance of such an idea, and after the terrible terrorist attack in Lahore, killing 72 people, and making 370 wounded, she did not show the French support for the Pakistani people. Many average French citizens were shocked by such attitude. Didier Chaudet gives them a voice through this article.

Chroniques d'Asie du Sud-Ouest (39)

Le 22 mars au soir, la Tour Eiffel s'est illuminée aux couleurs de la Belgique. Il s'agissait de rendre hommage "aux victimes, à leurs proches et à l'ensemble du peuple belge". Une solidarité normale, légitime, avec un pays voisin, un pays européen, mais plus encore, une nation ciblée, comme la France et tant d'autres, par le djihadisme transnational dont Daech et Al Qaïda sont les fers de lance.

Or lors de ce dimanche de Pâques, un autre attentat a secoué un pays important, puis le reste du monde: celui de Lahore. Là encore, il s'agit d'une terrible attaque: au moins 72 morts et 370 blessés. Là encore il s'agit d'un djihadisme violent, sanguinaire, extrême, qui est à l'œuvre. Les meurtriers ont dit vouloir viser des chrétiens, mais ont tué des chrétiens et des musulmans, tous Pakistanais. Et ce sont des Pakistanais de différentes confessions religieuses qui se sont empressés de donner leur sang afin d'aider, du mieux qu'ils pouvaient, leurs compatriotes blessés. Donc parler uniquement d'un attentat contre les chrétiens parce que les Taliban ont dit vouloir viser des chrétiens, c'est, au mieux, du simplisme. Les chrétiens, comme les chiites, les Ahmadis, et autres minorités, sont certes des cibles de choix pour les islamistes radicaux et les terroristes djihadistes. Mais ces derniers visent aussi tous les musulmans qui ne pensent pas comme eux. Soit, au Pakistan, l'immense majorité des Pakistanais.

En bref, l'attentat de Lahore, c'est une autre expression de la violence indiscriminée du même djihadisme qui a frappé Paris, Bruxelles, mais aussi Beyrouth (près de 41 morts et 200 blessés le 12 novembre 2015), ou le camp déplacés de Dikwa au Nigéria (58 morts et au moins 78 blessés le 9 février 2016), pour ne parler que des attaques les plus récentes.

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