Géopolitique

Chroniques d'Asie du Sud-Ouest (38)

Certes, tout le monde parle d'un processus de paix strictement tenu et mené par les Afghans seuls... Mais si on accepte les réalités selon lesquelles:

- l'Afghanistan vit une guerre civile depuis plusieurs décennies; 
- les tensions ethniques dans le pays sont une réalité;
- le gouvernement légal est miné par des tensions internes et par des forces qui, à Kaboul même, rêvent de faire tomber le président Ghani;
- une partie des élites comme des rebelles préféreraient garder un État faible et instable pour mieux protéger leurs intérêts mafieux;
- et la rébellion n'est pas prête de faiblir.

... alors on comprend bien qu'en pratique, il faudra des tuteurs étrangers à ce processus de paix entre Afghans. Et au moins une grande puissance leader sur ce dossier. Certains penseront naturellement aux Etats-Unis. Washington aura, certes, forcément une influence, mais les Américains sont sur place depuis 2002... que pourraient-ils faire aujourd'hui qu'ils n'ont pas pu accomplir ces quatorze dernières années? Il y a également le péché originel de la guerre d'Irak de 2003, qui a retiré à l'Afghanistan des moyens et des forces qui auraient permis sa stabilisation. Depuis cette époque, pour bien des Afghans, il existe un questionnement sur les motivations américaines. Questionnement qui tombe vite dans la théorie du complot, comme trop souvent en Asie du Sud.

Dernier exemple de ce fait: Hamid Karzaï, l'ancien président afghan, qui va jusqu'àdouter de l'existence d'Al Qaïda, et de la planification par ce groupe terroriste des attentats du 11 septembre, à partir de l'Afghanistan...

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Didier Chaudet, Directeur de la publication du CAPE