Géopolitique

Summary in English: The new Cold War between Iran and Saudi Arabia got warmer with the Saudi war on Yemen (which is evolving into Riyad's Vietnam) and the execution of Al-Nimr, giving the impression that the Saudis are only focused on their opposition to Iran. Hence the Saudi choice of a cheap barrel of oil nowadays is, sometimes, seen through this geopolitical lens alone. In fact, it is more complex than that, as explained by our Iran expert Didier Chaudet...

Chroniques d'Asie du Sud-Ouest (36)

Il y a seulement trois ans, un ministre du pétrole saoudien, Ali Al-Naimi, affirmait qu'un prix de 100 dollars américains par baril de pétrole serait idéal pour les consommateurs comme pour les producteurs. Financièrement intéressant pour ces derniers, permettant le développement de nouveaux gisements, et de nouvelles technologies d'extraction, tandis que le produit resterait abordable pour les premiers. Pourtant, aujourd'hui, on tourne autour des 28$/baril... Et c'est en grande partie, semble-t-il, dû au choix de l'Arabie Saoudite et de ses alliés au sein de l'OPEP (Koweït, Qatar, Émirats Arabes Unis). Ces derniers ont en effet pris la décision, depuis un certain temps, de ne pas réduire leur production pétrolière, malgré une trop grande offre en comparaison de la demande.

Pour certains, l'affaire est entendue: il s'agit, au moins en partie, de rendre la vie difficile à l'Iran. Après tout, avec le retrait des sanctions, les Iraniens veulent retrouver la place qu'ils estiment légitimement être la leur dans le jeu énergétique international. Et ils le rappellent par des actions symboliques fortes, comme cette annonce du samedi 13 février 2016, faisant savoir que 4 millions de barils de pétrole brut se préparaient à prendre la route pour la Russie, la France et l'Espagne. Du pétrole qu'il avait déjà en stock, et qui ne demandait qu'à être expédié à l'étranger. Le retour en force de l'Iran est forcément un facteur de concurrence pour l'Arabie Saoudite comme pour les autres producteurs importants. C'est d'autant plus le cas qu'en ce moment, l'offre est bien plus importante que la demande. Or l'Iran se dit prêt à fournir, dès maintenant, 500.000 barils de plus par jour, et un million d'ici quelques mois...

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