Géopolitique

Chroniques d'Asie du Sud-Ouest (27)

Certains analystes aiment voir les relations internationales comme une "science" dure, avec des lois rigides, permettant une analyse automatique. C'est compréhensible: plus besoin de faire des terrains difficiles quand des poncifs considérés comme vrais de toute éternité permettent d'analyser une situation donnée sans même y réfléchir. Le problème, c'est que les relations internationales, comme d'autres sciences humaines et sociales, traitent, par définition, de l'humain, un être changeant, adaptable, parfois inconstant. Les intérêts nationaux sont choses subjectives, définies dans un ordre de priorité qui sera différent selon le groupe politique/ethnique/religieux qui dominera une nation particulière à un moment donné. Et surtout, les intérêts primordiaux d'un groupe politique ou d'un pays dans son ensemble amènent son leadership à s'adapter à la situation sur place, s'il ne veut pas connaître la défaite.

C'est ce qui semble se passer, en tout cas pour l'instant, du côté des Taliban, notamment dans leur rapport à l'Iran et à leurs concitoyens chiites. Les rebelles afghans qui considèrent le mollah Omar comme leur leader ont une histoire de suprématistes sunnites, détestant viscéralement les chiites, et fondamentalement hostiles à l'Iran, cœur du chiisme, une position très proche de Daesh... Or Daesh commence à devenir un concurrent pour les Taliban. On ne peut pas reconnaître deux "Commandeurs des croyants", les militants doivent choisir entre mollah Omar et al-Baghdadi. Et il semblerait que le premier ait bien compris la menace que représentait le second pour lui.

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