Géopolitique

Sécurité en Eurasie (7)

On a vu dans le précédent papier que des Tchétchènes, et des combattants du Caucase du Nord en général, se retrouvaient autant du côté ukrainien que pro-russe dans la crise qui secoue l'Europe de l'Est aujourd'hui. Mais une telle analyse ne serait pas complète sans prendre également en compte l'impact que les tensions autour de Kiev pourraient bien avoir sur le Caucase du Nord même. 

Tout d'abord, on a rappelé, dans le dernier papier de Sécurité en Eurasie, ce que le fait de voir des Tchétchènes combattre dans les deux cas en Ukraine signifiait: un choix géopolitique radical en Eurasie, pour ou contre une influence dominante russe dans la région. Donc quel que soit le résultat sur le champ de bataille ukrainien, on peut déjà assumer que les problèmes du Caucase du Nord reviendront sur le devant de la scène internationale. Si l'Ukraine se sent battue par les pro-Russes, ceux qui s'opposent au Kremlin dans ce pays et en Occident reporteront naturellement leur soutien à l'autre grand foyer d'opposition à Moscou, le Caucase du Nord. Et si Kiev l'emporte, brise la résistance des partisans du séparatisme, et même récupère la Crimée, il pourra y avoir également la tentation de soutenir le Caucase du Nord chez une partie de sa classe politique. Après tout la droite dure ukrainienne, par exemple le Secteur Droit, rêve de l'époque où Kiev plutôt que Moscou régnait sur le monde slave. Si Kiev peut l'emporter sur Moscou en ce début de 21ème siècle, il n'est pas du tout assuré que les ambitions ukrainiennes, et de ceux qui ont soutenu l'Ukraine dans cette crise, s'arrête à la restauration de l'unité nationale de ce pays. Donc dans tous les cas, on risque de voir un regain d'intérêt et de sympathie, dans divers milieux anti-russes en Ukraine et en Occident, pour le Caucase du Nord. Ce qui, pour Moscou comme pour Grozny, sera considéré comme la confirmation du choix d'une politique d'"agression" de l'UE et des Etats-Unis.

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