Géopolitique

En fait ici, avec le détail de la visite tel qu'exposé en première partie, on se rend compte que le président Xie suit une approche diplomatique chinoise d'une remarquable continuité depuis le début des années 1990: il faut à tout prix, pour la République Populaire, avoir accès à des ressources énergétiques pour gérer des besoins toujours croissants; et s'assurer du soutien de tous ses voisins à l'ouest dans la politique de maintien de l'ordre dans le Xinjiang. Et sur ces deux points, la montée des périls est réelle pour l'actuel président chinois.

En effet, la consommation totale d'énergie a augmenté de 60% entre 2005 et 2012. Et elle devrait encore s'emballer, et être de +73% entre 2013 et 2035. Dans cette configuration, l'Asie Centrale prend ces derniers temps une importance de plus en plus grande dans la stratégie chinoise. En effet, Beijing ne peut que s'inquiéter des développements au Moyen Orient (Printemps arabe, tensions Iran - Etats-Unis) qui menacent les intérêts locaux chinois. Le gaz et le pétrole centrasiatiques passent d'ailleurs par voie de terre, et pas sur des mers encore trop dominées par la marine de guerre américaine. Après tout, le véritable "nouveau Grand Jeu", pour les Américains, va se jouer sur mer, notamment du Golfe Persique à la mer de Chine du Sud, en passant par l'Océan indien. Bref, le parcours des tankers pétroliers allant vers les deux géants asiatiques, indien et surtout chinois. L'Asie Centrale est donc une zone considérée comme plus sûre pour les intérêts chinois à plus long terme, car elle n'est pas sous la constante surveillance des Etats-Unis. Les fantasmes d'une "Chinamérique" née de la mondialisation ne font pas disparaître les rivalités entre grandes puissances, loin de là.

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