Géopolitique

Depuis quelques mois, une rumeur s'est répandue à propos de la Syrie: le Kremlin serait prêt à livrer le système de missiles sol-air russe S-300 à Damas. Selon certaines sources, depuis mai 2013, la dite livraison aurait même commencé. D'un point de vue purement contractuel, ce n'est pas véritablement une surprise: Damas et Moscou avait signé un contrat en 2010 concernant six batteries et 144 de ces missiles sol-air.

Pourtant, le sujet est loin d'être anodin. Déjà en Méditerranée, ce système a provoqué une crise importante, à la fin des années 1990. Il avait été acquis par Chypre afin de contrer toute attaque venant potentiellement de Turquie. Mais le système S-300 peut plus généralement cibler toute activité aérienne à 150 kilomètres de la zone protégée, et à 27 kilomètres d'altitude (les articles varient sur les capacités du S-300, on a donc préféré se fier aux sources russes). Au Moyen Orient, où les distances sont souvent si minimes entre populations se détestant cordialement, cela signifie la possibilité de paralyser tout ou partie du transport aérien d'un pays ennemi. Les Turcs, quand ils ont eu vent de l'accord russo-chypriote, ont menacé de bombarder l'île. Il a fallu tout le poids diplomatique des Américains pour calmer les choses: les Chypriotes ont bien payé pour les S-300, par contre, ils ont dû les remettre à un pays tiers membre de l'OTAN, mais ami, la Grèce, qui les a installés en Crète. Les capacités de ce missile sol-air expliquent pourquoi les Israéliens considèrent la possible livraison comme une très mauvaise nouvelle, menaçant leur supériorité aérienne.

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