Géopolitique

Chroniques d'Asie du Sud-Ouest (22)

INTERNATIONAL - On l'a vu à la fin de l'année dernière: la situation sécuritaire afghane n'est pas encourageante. L'Afghanistan est en général dans une telle situation qu'on pourrait imaginer que le gouvernement Ghani se concentrerait sur la situation intérieure uniquement... mais on aurait tord. Kaboul a décidé de se positionner clairement sur un sujet géopolitique bien loin de ses frontières, la situation yéménite. Et les Afghans ont choisi un camp: celui de l'Arabie Saoudite, qui a lancé une offensive militaire contre les Houthis, chiites considérés comme alliés à l'Iran.

Pourquoi un tel engagement? Vu de loin, cela n'a aucun sens. D'autant plus que tous les Afghans ne sont pas d'accord avec un tel choix. Certains géopoliticiens de salon y verront uniquement l'alignement d'un pays sunnite sur la ligne de l'Arabie Saoudite, leader de cette version de l'islam grâce à ses pétrodollars et à son contrôle des lieux saints, La Mecque et Médine. Cet argument, pourtant, ne tient pas: l'importance politique des Hazaras, les Afghans chiites, a été expliquée ailleurs. L'Afghanistan est certes un pays à majorité sunnite. Mais sa minorité chiite est puissante politiquement. Le choix d'une politique ouvertement anti-chiite serait suicidaire à Kaboul. Et ni Ghani, ni Abdullah Abdullah, les deux leaders du gouvernement d'unité nationale afghan, rejettent une telle approche sectaire de toute façon.

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