Géopolitique

La nouvelle Première dame: une chance politique pour les femmes afghanes?

Le discours d'inauguration du nouveau président afghan, Ashraf Ghani, a été marqué par un beau moment : quand il a pris le temps de remercier sa femme, « Bibi Gul » (le prénom afghan de Rula Ghani). Il n'a pas hésité à mettre en avant cette dernière pour gagner les voix des femmes en milieu urbain : elle s'est en particulier adressée à une foule essentiellement féminine le 8 mars 2014, dans le cadre d'un événement célébrant la Journée Internationale de la Femme. Mais il s'agissait aussi de mettre en avant son travail humanitaire auprès des enfants des rues en Afghanistan pour l'ONG Aschiana. Une réponse indirecte aux critiques qui la présentaient comme une étrangère déconnectée des réalités du pays, mais aussi à ceux qui craignent qu'une telle femme puisse avoir une influence politique à l'avenir. Après tout, elle a été la seule femme de candidat à être apparue en public pendant la campagne de son mari, un signe plutôt inquiétant pour les plus conservateurs en Afghanistan.

Cette présence lors de la campagne, et ces remerciements, sont deux symboles forts dans un pays où la situation des femmes est pour le moins difficile. La femme d'Hamid Karzai elle-même, Zinad, aura été quasi-invisible pendant le règne de son mari. Un positionnement qui visait à apaiser les conservateurs, mais qui a été une source de critiques contre elle, de la part de la jeune génération des femmes afghanes. D'autant plus qu'il s'agit d'une femme éduquée, dont le père lui-même insistait sur l'importance de l'éducation des filles, et qui aura été gynécologue de profession. Il semblerait que Rula Ghani ait choisi une autre voie, ce qui représente un bel espoir pour les progressistes afghans.

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