Analyse des Politiques européennes

Sécurité en Eurasie (17)

Le Kremlin appelle le nouveau président de la République française à « surmonter la méfiance mutuelle » pour mieux "assurer la stabilité et la sécurité internationales". Un langage moins diplomatique a été employé par certains analystes russes, visiblement déçus par défaite de François Fillon puis de Marine Le Pen, les deux candidats jugés russophiles. Et on peut imaginer que certaines forces influentes autour du président russe, celles qui ont permis l'invitation de Marine Le Pen au Kremlin, doivent se repentir de leurs choix... Comme bien trop de journalistes anglo-saxons, ils ont cru que la France n'était pas différente de l'Angleterre pro-Brexit ou de l'Amérique de Trump. Première leçon importante pour Moscou et pour d'autres: l'Occident n'est pas un tout, la France n'est pas une simple copie du monde anglo-saxon, encore moins politiquement. Mais au-delà de ce point important, l'heure est à la remise en question dans les cercles dirigeants russes.

 

On l'avait expliqué dans une précédente chronique de Sécurité en Eurasie: la Russie a fait une erreur en s'opposant à Emmanuel Macron. Parce que ce dernier n'est pas un idéologue « atlantiste » comme certains l'ont présenté, à Moscou et dans les milieux d'extrême droite. C'est un réaliste qui comprend l'importance de la Russie sur l'échiquier international. Donc, une réconciliation, avec un président Macron, est possible.

 

Mais une entente Paris – Moscou demande un préalable important: sortir de la logique de Guerre froide, qui fait que certains Russes patriotes, proches du pouvoir, comme certains Américains, voient le monde en termes de camps forcément opposés. Cela signifie, pour le Kremlin, arrêter de voir l'Occident comme un tout hostile. Le fait que l'Europe soit considérée comme un concurrent géopolitique, guère différent de l'OTAN et des Etats-Unis, ne correspond tout simplement pas à la réalité. Il y a peut-être une rivalité géopolitique entre Washington et Moscou. Mais cela n'a aucun sens de la transposer à la relation euro-russe, l'UE étant une union pacifique d'Etats dont la priorité n'est pas l'élargissement en ce moment...

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