Analyse des Politiques européennes

Notes du CAPE n°17

Pavel Kowaleski, 28/06/2016

Summary in English

This analysis shows that the "Brexit" is actually the best gift the British could give the Europeans : free of the most important pro-American agent inside the Union, the EU could rebuild its image as a true independant Union. An independent Union does not mean an anti-American one, of course. But it means that Brussels should be able to focus on European interests first, and avoid following blindly the American foreign policy. It does not mean turning pro-Russia too: many policies decided in the Kremlin are in the best interest of the EU, in particular its aggressive policies towards Ukraine or Georgia; and the Russian support to Europhobic Far right groups is a source of great concern, that should be discussed at the highest levels each time a European Head of State meets Vladimir Putin. But a more neutral and independent Europe would have a better chance to make the Russians understand the need to choose diplomatic compromises rather than provocations and destabilisation in nations close to the EU, or in the EU iself. In brief, the EU should used the Brexit as an opportunity to show its independence, but also its will give us the opportunity to discuss and create new, stronger diplomatic bridges, with the Americans as well as with the Russians. Compromises will be possible each time Washington and/or Moscow accept to respect the interests of the EU and of its members.

Résumé en français

Cette analyse veut démontrer que les Britanniques ont fait un magnifique cadeau à l'UE: le Brexit signifie la sortie de l'Union du principal agent des Etats-Unis dans l'Union Européenne. Cela pourrait signifier une évolution de l'UE vers plus d'indépendance en politique étrangère, le tournant symbolique de Londres permettant de prouver au monde que Bruxelles n'est plus soumise aux Anglo-Saxons. Cela ne signifierait pas, bien sûr, une politique anti-américaine. Mais plutôt un rééquilibrage qui rendra les Européens plus crédibles face aux autres grands acteurs internationaux, en tant que structure indépendante. Ce sera notamment le cas face à la Russie. Il ne s'agit pas, ici, de devenir pro-russe, bien sûr. Les divergences entre Russes et Européens sont réelles, notamment en ce qui concerne le politique aggressive du Kremlin en Ukraine et en Géorgie. Le fait que les Russes financent également les partis d'extrême droite s'opposant à l'UE peut également être considéré comme inamical. Mais une Europe plus indépendante a plus de chance de faire entendre raison à Moscou, et d'amener les Russes à des politiques de compromis plutôt qu'à des choix déstabilisateurs dans des nations proches de l'Union européenne, ou dans l'Union même. 

En bref, l'UE pourrait utiliser le Brexit pour prouver au monde son indépendance, des relations plus saines avec les Russes comme avec les Américains pourront être établies. Des compromis avec eux seront possibles chaque fois que Washington et/ou Moscou comprendront qu'il faut respecter les intérêts de l'UE et de ses Etats membres.

 

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